Vers une autre autorité

Vers une autre autorité

Les mutations techniques impliquent réorganisations sociales et politiques. La nouvelle citoyenneté qui se met en place est la suppression du rapport à l’autorité pyramidale. On la nomme « travail collaboratif » Cela ne veut pas dire que l’autorité a disparu…mais elle est à repenser et refonder.

De l’espace de travail à l’espace politique

Créer un espace de travail pour les collègues, s’il est réduit à  un simple instrument technique, cela n’a aucun sens. Dans une société qui est non pas en train de « muter » mais qui est déjà installée dans l’espace du virtuel, du collaboratif, peut-être parce que le développement technique suit sa propre rationalité, il est indispensable de comprendre ce qui se passe pour ne pas être maîtrisé par la logique des moyens. Il y a le risque, par conséquent, si on ne s’inscrit pas dans une démarche numérique, même si on est critique, et justement parce qu’il faut l’être, de perdre le contrôle du sens.

Je m’explique. Les modifications technologiques qui sont déjà en place impliquent non seulement des modifications d’outils, mais surtout une transformation sociale. Rappelons-nous de Bergson disant à propos de la machine à vapeur que ce fut un véritable bouleversement technique car social. Elle libérait la main de l’outil et l’homme pouvait ainsi vaquer à de nouvelles activités.  La société se modifie du fait des conditions techniques Cela déclenche des angoisses, des fantasmes, des joies…Le cinéma est un bon reflet de cette dimension forcément idéologique de la technique. Mais quoiqu’on pense il y a une interférence de la technique et de la société et dans un même temps de la politique. Après Bergson, citon Marx ou Simone Weil (la philosophe) qui engagèrenr d’âpres analyses sur l’aliénation à la machine, du fait des conditions de production.

On peut le déplorer, se situer dans un en-deçà nostalgique de la plume et de l’encrier, mais la rationalité technique n’a jamais eu de fonctionnement solitaire. Elle est solidaire de la société, du politique et même du biologique. Cela ne veut toutefois pas dire que cette rationalité s’inscrit dans une sorte d’évolution historique. Elle opère par saut. Le temps de la technique n’est linéaire que dans les récits narratifs que nous en faisons. Comme l’écrit Walter Benjamin c’est après coup que le passé s’éclaire. Dans le présent on est face à une constellation de questionnements qu’il nous faut bien résoudre.

La difficulté est là : mesurer les enjeux. On voit très bien ce qui se dessine : le modèle du réseau, de l’information et du collaboratif. Ce qui apparaît, c’est une société dont les valeurs changent. Le collaboratif institue un ordre non plus hiérarchique mais horizontal. Et cela a des répercussions dans tous les domaines : l’entreprise parle de concertation, l’école s’inscrit dans une même démarche avec ses « partenaires ». La révolution dont certains parlent est là : renversement des valeurs de hiérarchie, renversement de la notion d’autorité qui ne peut plus s’imposer par le maître de la même façon qu’avec le cours magistral, modification des rapports salariaux…Il n’est pas question de le déplorer ou de s’enthousiasmer, mais, et là ce n’est plus une question de moyens, il s’agit de réfléchir l’espace politique qui est lié à ces modifications techniques.

Quelle politique? quelle école? quel droit? autant de questions qui ont un point commun : quelle humanité voulons-nous?

Dernière modification le lundi, 11 mai 2015

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