SDF et bibliothèque

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L’étudiant harassé, potassant ses cours sans fin, et qui pique un petit roupillon… L’image est touchante. Sauf que dans les bibliothèques d’Edmonton, au Canada, les sommes agacent. Ce ne sont pas simplement des usagers que l’on prend dans les bras de Morphée, mais des sans-abri, qui profitent d’un moment de confort privilégié.

Lunch with Pigeons

Bill Smith, CC BY 2.0

« Nous avons réalisé un audit d’un certain nombre de nos succursales d’Edmonton, et nous avons découvert, sur une période de deux semaines, en novembre, près de 500 personnes en train de dormir », explique Pilar Martinez, directrice générale adjointe de l’Edmonton Public Library.

Loin des siestes qui font assimiler les cours, les personnels se sont rendu compte qu’il s’agissait de personnes vraiment venues pour ronquer. « Nous avons d’abord pensé que ces gens dormaient, genre, 10 ou 20 minutes, pour une sieste », poursuit le DGA, « mais en réalité nous nous sommes retrouvés dans une situation difficile ».

Le profil des dormeurs était loin du portrait-robot des usagers traditionnels. Ce qui a contraint à prendre des mesures : des sans-abri venus se réfugier dans la bibliothèque, avaient en effet trouvé un lieu pour se reposer, la journée. Louise Reimer, directrice des services ne sait que faire : « Ce n’est pas notre rôle. La bibliothèque est un lieu actif, où les gens viennent lire, étudier, ou converser. »

Et certainement pas un dortoir pour SDF, faut-il le dire plus clairement ? 

L’interdiction qui sera prononcée ce 1er mai, impliquera que les personnels viennent régulièrement vérifier que les gens ne dorment pas – et le cas échéant, les réveilleront donc. Richards, un des futurs occupants indésirés de la bibliothèque trouve la mesure ridicule. « Si vous êtes épuisé, vous vous endormez. Vous ne pouvez rien y faire. Où pouvons-nous aller maintenant ? Il n’y a aucun endroit. C’est cruel. »

Les services de la ville sont également pris à partie, et Julian Daly, directeur exécutif de Boyle Street Community Services, évoque un véritable problème de logement. « Les personnes qui dorment dans la bibliothèque devraient disposer d’une maison pour dormir. »  

L’établissement serait volontiers d’accord. Sans être inhumains, les responsables protestent : « L’EPL est un espace public pour tous les Edmontoniens. Mais, cela dit, elle n’est pas destinée à devenir un abri de jour. » Le défi sociétal, dévoilé par cette anecdote sera examiné par la ville, pour trouver une solution de logement aux sans-abri. 

Les organisations sociales soulignent par ailleurs les risques induits par cette mesure. « Nous devons travailler ensemble, en tant que cité. Et la bibliothèque est assurément l’un des acteurs », estime Louise Reimer. 

source : https://www.actualitte.com/article/monde-edition/des-sans-abri-problematiques-qui-dorment-dans-la-bibliotheque/54998

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