L’existence du mal

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I. Le scandale du mal  pour la pensée :

sources : http://societealpinedephilosophie.over-blog.com/article-le-mal-un-probleme-pour-la-philosophie-47572635.html

 

Indicible et injustifiable

  • Pascal : « le mal est aisé, il y en a une infinité, le bien est presque unique » (Pensées , 469).
  • Job ou l’excès du mal: on ne le contient pas dans une définition (d’où un discours symbolique à son propos)
  • Kant et le mal radical
  • Ricoeur : Le Mal, un défi à la philosophie et à la théologie [compte rendu] Löwy Michaelsem-linkArchives de sciences sociales des religions Année 1987 Volume 64 Numéro 2 p. 323
  • le « dire » le mal de la littérature : Georges Bataille (la littérature et le mal)

Entretien avec Georges Bataille à propos de son ouvrage « La littérature et le mal » (1957) avec le journaliste Pierre Dumayet.

Théodicées :

L’échec des théodicées à rendre compte du mal conduit à admettre l’insuffisance d’un « mode de penser soumis à l’exigence de cohérence logique, cad à la fois de non-contradiction et de totalité systématique » pour résoudre l’énigme du mal.

 

 

Après Auschwitz :

Jonas

Arendt : la « banalité » du mal

  • dans les années 60, Stanley Milgram et une équipe de chercheurs de l’Université de Yale en psychologie sociale met au point une expérience destinée à montrer qu’un individu exposé à une autorité considérée comme légitime peut aller jusqu’à causer la mort d’autrui

Paul Celan

Lévinas : « la souffrance inutile », article publié dans Les Cahiers de la nuit surveillée. La souffrance d’autrui nous détourne de nos tendances égoïstes, le face-à-face avec une personne en détresse nous fait prendre conscience de nos devoirs et de notre responsabilité, nous faisant quitter le discours de la justification pour celui de la compassion.

  • BUSTAN, Smadar. L’ambiguïté de l’« éthique de la souffrance » dans la pensée française contemporaine In : Maurice Blanchot et la philosophie : Suivi de trois articles de Maurice Blanchot [en ligne]. Nanterre : Presses universitaires de Paris Ouest, 2010 (généré le 25 juin 2016). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/pupo/1114&gt;. ISBN : 9782821826878.

 II. Le mal appartient à l’agir

Le mal relève aussi de la sphère pratique, on peut poser le mal comme catégorie de l’agir et non de la pensée. La question n’est ainsi pas tant de parvenir à comprendre ou à justifier l’existence du mal, que de réussir à trouver les moyens de lutter contre la mal.

On peut alors définir le mal en tant qu’il relève de la sphère pratique comme « ce contre quoi on lutte, quand on a renoncé à l’expliquer » (Ricoeur) « le scandale du mal » est  « ce qui ne doit pas être et que l’action doit combattre  »

III. Le mal comme moyen d’action

  • Machiavel
  • Marx
  • Le lien étroit qui unit le pouvoir au mal est l’indice « d’une rationalité spécifique du politique » et permet de mettre en évidence ce qui constitue le paradoxe du pouvoir selon Ricoeur cad le fait que « le plus grand mal adhère à la plus grande rationalité, qu’il y a une aliénation politique parce que le politique est relativement autonome » (Histoire et vérité)
  • Distinguer le politique comme manière de penser la vie dans la cité comme organisation raisonnable qui cherche la meilleure forme d’existence possible et la politique comme prise de décision, qui implique l’usage de la contrainte, de la force, et parfois même de la violence.

Rousseau Contrat social I, 6 : « quiconque refusera d’obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps »

Le pouvoir est « dans l’histoire, la plus grande occasion du mal et la plus grande démonstration du mal » écrit P. Ricoeur, Histoire et vérité, « le paradoxe politique »

Bibliographie :

  • Emmanuel Kant, La religion dans les limites de la simple raison¸ éd. Vrin
  • Paul Ricoeur, le Mal, un défi à la philosophie et à la théologie, éd. Labor et fidès, 1978

Philosophie de la volonté, t. II la Symbolique du mal, éd. Aubier, 1960

Histoire et vérité, « le paradoxe politique », Seuil, 1964

« le scandale du mal », article dans la revue Esprit, juil-août 1988

  • Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem, éd. Gallimard, Folio, histoire, 1963
  • Emmanuel Lévinas, « le scandale du mal » dans Les Nouveaux Cahiers été 1986, n° 85
  • Georges Bataille, La littérature et le mal, éd Gallimard, folio
  • Freud, L’inquiétante étrangeté et autres essais, éd. Folio Essais
  • Francis Wolff, article : le mal dans Notions de philosophie, II, éd folio essais, 1995
  • Le mal, n° 38 de la nouvelle revue de psychanalyse, Gallimard, automne 1988
  • La philosophie et le Mal, collectif sous la direction de C. Chalier dans Studia Philosophica, vol. LII, Deutsche Bibliothek, 1993

par Émilie Tardivel

(20. Rappelons, une nouvelle fois, que l’existence est pour Lévinas le lieu « où ne peut se constituer la fixité même de l’unité », ou encore « le lieu où tout a sombré » (Lévinas (E.), Le temps et l’autre, op. cit., p. 28 et 26).

Résumé – Malgré leurs divergences phénoménologiques, notamment sur le rapport entre la liberté et la responsabilité, ainsi que sur le monde, Lévinas et Patočka partagent le souci de penser ce qui, dans le vingtième siècle, oblige la conscience occidentale à rompre sans retour possible avec toutes les formes d’onto-théologie. Ceci est éminemment vrai de leur pensée du mal, qui vient réinterpréter sur un mode existentiel la théodicée de Leibniz, ou encore la comptabilité transcendantale de Kant, substituant ainsi aux principes de la métaphysique et au Dieu des postulats le fait de l’homme souffrant dont le mal est devenu une chance de salut, car le mal brûle l’homme jusqu’à le déprendre de lui-même et l’ouvrir à ce qui le donne comme tel : autrui (Lévinas), le monde (Patočka). Il ne resterait plus qu’à caractériser cette nouvelle pensée du mal, qui échappe à la fois au dualisme et à la théodicée. Nous la nommerons « tragique », en ramenant l’inconnu au connu, c’est-à-dire à défaut de pouvoir désigner en propre des pensées qui nous devancent encore.

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