Sagesse et existence selon P.Hadot

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Le Philosophoire

2003/2 (n° 20)

  • Pages : 242
  • Affiliation : Revue précédemment éditée par les Éditions Association Le Lisible et l’Illisible (jusqu’au numéro 37).
  • DOI : 10.3917/phoir.020.0207
  • Éditeur : Vrin

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Pierre Hadot, Exercices spirituels et philosophie antique, Paris, Albin Michel, « Bibliothèque de l’Evolution de l’Humanité », 1993, rééd. 2002, 391 p. ; La philosophie comme manière de vivre. Entretiens avec Jeannie Carlier et Arnold I. Davidson, Paris, Albin Michel, « Itinéraires du savoir », 2001, 279 p.

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C’est une question à laquelle il est difficile de se dérober lorsque l’on pratique avec quelque régularité la discipline qu’on appelle « philosophie » ; enseignants, chercheurs, philosophes patentés ou simples amateurs, tous se l’entendent poser ou se la posent à eux-mêmes, inévitablement, un jour ou l’autre. Cette question, dans sa simplicité désarmante, et de par sa radicalité en attente d’une réponse satisfaisante, a de quoi troubler dans le meilleur des cas, mais force est de reconnaître qu’elle en agace beaucoup : « à quoi sert la philosophie ? » Bien entendu, on peut toujours donner le change en disant qu’elle a ceci de spécifique de ne servir à rien, en arguant qu’elle n’est pas un instrument et que c’est là sa beauté et ce qui fait sa haute dignité, bref en prenant une posture un brin romantique pour faire valoir son caractère éminemment somptuaire, la mettant ainsi à l’abri de devoir rendre des comptes au reste besogneux de l’humanité. Passé son charme suranné, cette option de belle âme a de quoi faire rire, et n’est pas en effet dépourvue de ridicule ; elle ne manque pas de prêter le flanc aux sarcasmes, avant que ne viennent l’irritation et l’indifférence pour la chose philosophique. Deleuze aussi s’en amusait, avant de montrer que, selon lui, la philosophie était avant tout une affaire de création de concepts, une entreprise très intéressée à la résolution de problèmes mettant en jeu l’existence même de nos grands philosophes [1][1] Cf. G. Deleuze et F. Guattari, Qu’est-ce que la philosophie…. C’est à cette interrogation d’élève que l’itinéraire philosophique de Pierre Hadot apporte sa réponse, notamment dans les deux ouvrages publiés en 2001 et 2002 chez Albin Michel. Le premier, intitulé La philosophie comme manière de vivre, est un livre d’entretiens menés par Jeannie Carlier et Arnold I. Davidson, entretiens portant à la fois sur le parcours biographique et philosophique de cet ancien séminariste élevé « dans les jupes de l’Eglise » [2][2] Cf. Pierre Hadot, La philosophie comme manière de vivre…. ; le second, Exercices spirituels et philosophie antique, préfacé par Arnold I. Davidson, est une réédition revue et augmentée, composée d’études portant principalement sur quelques grandes figures et pensées antiques mais aussi, plus généralement, sur le thème cher à l’auteur du rapport entre la « pensée » et la « vie », ce qui lui donne l’occasion d’expliciter son rapport à Foucault ou d’écrire un fort beau texte sur Thoreau [3][3] Cf. Pierre Hadot, Exercices spirituels et philosophie….

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Ces deux publications représentent une heureuse complémentarité puisqu’elles abordent souvent les mêmes thèmes mais d’une façon professorale, érudite et cependant pédagogique dans les Exercices spirituels, alors que les Entretiens conservent plutôt le ton d’une conversation conjuguant souci de la probité intellectuelle, refus de l’« anecdotage », humour et absence totale de langue de bois [4][4] Sur cette absence de langue de bois, cf. P. M. V, op….. Le fil d’Ariane qui relie ces deux livres, non seulement entre eux mais aussi au reste du chemin frayé par P. Hadot, est donc une méditation de longue date sur le rapport qu’entretiennent la philosophie et l’existence ou, pour le dire dans le langage de la tradition, sur le rapport entre la théorie et la pratique, ou encore entre l’écriture et l’action. La thèse qui répond à la question évoquée en commençant s’énonce comme suit : la philosophie ne s’épuise pas dans un discours abstrait mais se doit d’être un travail spirituel sur soi-même afin de changer, dans la mesure du possible, notre façon d’agir en mettant en pratique la théorie : « La philosophie comme manière de vivre » [5][5] Titre d’un des textes des E. S. P. A, op. cit., pp….. Ainsi résumée, et sans entrer dans les textes, cette conception de la philosophie n’a rien d’original ; mais, en plus, elle sonne comme un slogan destiné à faire vendre ces ouvrages de circonstance dans lesquels on donne des leçons de bonheur. Pour ce qui est du premier reproche, il faut dire qu’il s’agit d’un pseudo reproche qui n’entend rien à ce que doit être une pensée authentique. Faire de la philosophie ne revient pas à épouser les modes, à être « tendance ». Sur ce point P. Hadot est sans hésitation lorsqu’il reprend à son compte cette maxime de Vauvenargues : « Un livre bien neuf et bien original serait celui qui ferait aimer de vieilles vérités. » [6][6] P. M. V, op. cit., p. 255. ; et c’est dans cette perspective qu’il faut replacer sa fréquentation assidue des Anciens sur laquelle nous allons revenir. Concernant le second grief, il n’est que de lire les travaux (et les Entretiens) de P. Hadot, de « pratiquer » ses ouvrages, pour mesurer à quel point ils nuisent à la bêtise.

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Du strict point de vue de l’institution, « officiellement » est-on tenté de dire, Pierre Hadot est reconnu comme un spécialiste de philosophie antique, plus précisément de la pensée plotinienne et stoïcienne. On lira à cet égard, dans les Exercices, l’étude sur « La physique comme exercice spirituel » et son lien avec la question du pessimisme chez Marc Aurèle, ainsi que l’étude portant sur « les trois topoi philosophiques selon Epictète », celle-ci étant tout spécialement un modèle de rigueur et de clarté. Cet intérêt, qu’on croirait tout intellectuel ou spéculatif pour la pensée antique, est constamment doublé ici par un souci de nature existentielle qui confère au style de P. Hadot cette simplicité conquise, cet art de dire sans emphase des choses profondes, signe d’une relation aux textes inscrite dans la durée, produit d’une maturation comme telle irréductible aux impératifs de contrôles institutionnels. En parcourant les Entretiens, et qui plus est en lisant les Exercices spirituels, on rencontre un véritable lecteur. Sans sacrifier jamais à l’absence d’honnêteté philologique, P. Hadot poursuit sa réflexion au sujet de ce qu’est la philosophie antique, montrant, en s’arrêtant par exemple sur le « cas Socrate », et naturellement sur les grandes écoles de sagesse de la période hellénistique, que « philosopher est un acte continuel, un acte permanent, qui s’identifie avec la vie, un acte qu’il faut renouveler à chaque instant. » [7][7] E. S. P. A, op. cit., p. 294. Sur Socrate, cf. ibid.,… La philosophie, pour autant qu’elle représente une pratique vouée à opérer une transformation de soi à partir d’un engagement de la volonté personnelle, la philosophie donc mérite bien ici le nom de « sagesse » auquel Hadot rend toute sa saveur et le prix de son sens en la présentant comme un « exercice, toujours fragile, toujours renouvelé » visant la réalisation d’« une réinsertion du moi dans le monde et dans l’universel. » [8][8] Ibid., p. 346. Cette citation suffirait à écarter le soupçon qui flairerait la présence d’un tenant de l’équilibre tiède, bien-pensant et, pour tout dire, exclusivement « humaniste ». La tâche est ardue, en un sens elle relève de l’impossible, et c’est en quoi elle redresse le lecteur, lui procure le sentiment de sa dignité, sans lui « raconter d’histoires ». P. Hadot sait combien il est facile et rassurant « de faire illusion, aussi bien à soi-même qu’aux autres » [9][9] P. M. V, op. cit., p. 35. dans les choses de l’esprit, ce pourquoi il cultive aussi l’exercice délicat de la lucidité, se souvenant des dernières lignes de l’Ethique[10][10] Qu’il cite p. 304 des E. S. P. A, op. cit.. Mais une autre question pouvant prendre la tournure d’un reproche, plus légitime celui-là, vient tout de suite à la lecture de ces textes envisageant « la philosophie comme manière de vivre » : cette conception n’est-elle pas au fond fantasmatique, certes admirable mais plus à notre portée, pour nous les « tards venus » ? N’est-elle pas pour le coup trop exigeante — même abordée avec la lucidité requise ? Plus directement : peut-on, par exemple, encore être stoïcien aujourd’hui ? La demande n’a rien de rhétorique puisqu’elle touche le cœur de la pensée de notre auteur ; sa réponse ne l’est pas davantage car, sans esquiver l’objection, Hadot montre que l’essentiel de la sagesse antique peut être réapproprié, si toutefois nous sommes prêts à fournir les efforts idoines. A travers chaque question étudiée, l’auteur s’efforce d’isoler ce qu’on pourrait appeler le « noyau dure » de la pensée des Anciens qui, une fois délestée des thèmes et des convictions relatifs à l’époque et comme tels accidentels, peut parfaitement s’adresser à nous : « Le souci du destin individuel et du progrès spirituel, l’affirmation intransigeante de l’exigence morale, l’appel à la méditation, l’invitation à la recherche de cette paix intérieure que toutes les écoles, même celle des sceptiques, proposent comme fin à la philosophie, le sentiment du sérieux et de la grandeur de l’existence, voilà me semble-t-il, ce qui dans la philosophie antique n’a jamais été dépassé et reste toujours vivant. » [11][11] Ibid., pp. 286-287.

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La conception de la philosophie qui vient d’être rappelée court certes les deux livres, elle était déjà plus amplement développée dans Qu’est-ce que la philosophie antique ?[12][12] Cf. Pierre Hadot, Qu’est-ce que la philosophie antique… A s’en tenir à ce bilan, on fait de Pierre Hadot un remarquable chercheur, humble et fort sympathique, familier comme personne de l’antiquité, un érudit ayant passé vingt ans de sa vie à fréquenter un inconnu, « rhéteur de la ville de Rome », nommé Marius Victorinus [13][13] P. M. V, op. cit., p. 61.. Tout ceci est exact mais réducteur et quelque peu insuffisant pour expliquer sa conviction que la philosophie véritable, et non seulement la philosophie antique, n’est « pas une pure théorie, mais qu’elle [est] un mode de vie. » [14][14] Ibid., p. 67. susceptible de concerner les hommes hic et nunc. Entre la lumière grecque et le Collège de France, il existe une généalogie d’auteurs que découvre la lecture des ouvrages qui nous occupent, une généalogie plus souterraine que P. Hadot a faite sienne, dans laquelle il se reconnaît et qui permet de contribuer à éclairer le rapport essentiel qui lie chez lui la réflexion à la praxis. On ne peut s’arrêter ici sur la singularité du lien qu’il entretient avec tel ou tel penseur, mais à en citer quelques uns et à en dire un mot, on voit bien que c’est à chaque fois l’aspect « existentiel » de leur démarche qui l’intéresse principalement. Ainsi pour Montaigne qui, très tôt, lui enseigne « l’importance de la simplicité, le ridicule du pedantisme » et le conduit à se « représenter la philosophie comme autre chose qu’un discours rhétorique. » [15][15] Ibid., p. 198. On n’oubliera pas non plus que P. Hadot a failli entreprendre, avec Jean Wahl, une thèse sur Heidegger et Rilke, parce que l’auteur d’Etre et temps avait dit que son propre discours exposait philosophiquement ce que de son côté la poésie exprimait [16][16] Cf. ibid., p. 86.. Ce que retient Hadot de Heidegger c’est d’abord la méditation sur la conversion philosophique qui, par l’épreuve de l’angoisse, modifie radicalement notre rapport au monde et le rend à son étrangeté originaire, faisant passer le Dasein de l’oubli de soi dans le « On » à l’authenticité dans la perte de toute assise. Mais l’influence la plus décisive, la plus pénétrante, fut sans doute la rencontre avec la pensée de Wittgenstein, sur lequel il fut l’un des premiers en France à écrire [17][17] Cf. ibid., p. 100 sq. Les références à Wittgenstein…. Ce qui d’emblée lui parle chez ce philosophe atypique c’est bien sûr l’idée très séculaire qui fait de la philosophie essentiellement une thérapeutique, un travail sur soi afin de regarder le monde autrement, de prendre conscience que tout est là, sous nos yeux, qu’en un sens on a tout ce qu’il faut pour être apaisé et qu’au final on peut quitter le discours pour l’action simple et muette, ce qui s’appelle « quitter la philosophie et entrer dans la sagesse : la sagesse étant silencieuse. » [18][18] E. S. P. A., op. cit., p. 385. Enfin, on sera attentif à la manière dont P. Hadot fait usage de la phénoménologie, plus spécialement celle développée par le dernier Merleau-Ponty quand celui-ci s’interroge, dans la compagnie des peintres, sur le statut de la perception incarnée permettant la contemplation de l’énigme sidérante du « il y a » [19][19] Cf. ibid., p. 353. Pour se faire une idée des lectures….

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De toutes ces lectures combinées au corpus antique se dégage une singulière idée de la sagesse. L’épithète qui semble le mieux la définir est sans doute celle de « mystique », au sens étymologique du terme, dans la mesure où Hadot confie, au détour d’une page admirable, avoir « toujours ressenti qu’il y a des choses indicibles. » [20][20] P.M.V, op. cit., p. 24. Cette sagesse n’est donc pas une paix intérieure lénifiante, un accord de soi à soi sans tension, ou plutôt sans extension. Elle relève davantage d’une sorte d’ek-stase, elle ressemble à une sortie hors de l’ego pour rejoindre sans s’y fondre tout à fait le monde tel qu’il est. Cette sagesse est littéralement une sagesse de l’existence ou, si l’on veut, une sagesse existentielle, pour autant qu’on veuille bien se souvenir qu’exister c’est d’abord sortir de sa stance, être hors de soi, se trouver (sistere) dehors (ex), naître ou renaître au monde et aux autres. C’est dans cette optique qu’il convient de lire le texte des Exercices spirituels intitulé significativement « Le sage et le monde » [21][21] Cf. E. S. P. A, op. cit., pp. 343 à 360. qui est au fond une méditation sur les conditions de possibilité, pour nous, de la conversion du regard porté sur le monde. La sagesse ainsi envisagée est profondément enracinée dans un travail sur la perception afin d’ouvrir celle-ci à une dimension cosmique ; ce pourquoi, il faut y insister, on ne peut la ramener à une recette pour bien vivre à mesure humaine, trop humaine car « c’est au fond, dans un seul et même mouvement que se révèlent, à l’amoureux de la sagesse, le monde, perçu dans la conscience du sage, et la conscience du sage, plongée dans la totalité du monde. » [22][22] Ibid., p. 360. L’idée d’une « conscience cosmique »…

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Sagesse cosmique donc, et qui engage tout un ethos, une manière d’être au monde irréductible à une appréhension morale, strictement axiologique, des événements. Ce style de vie est reconnaissable à sa disponibilité pour ce qui arrive, « l’émerveillement devant le monde » [23][23] Ibid., p. 378. provoquant alors le sentiment si particulier du sacré. Et Pierre Hadot de confier à Jeannie Carlier, lorsqu’il évoque son enfance : « j’ai été envahi par une sorte d’angoisse à la fois terrifiante et délicieuse, provoquée par le sentiment de la présence du monde, ou du Tout et de moi dans ce monde. » ; et, peu après, il ajoute : « Je crois que je suis devenu philosophe depuis ce temps-là, si l’on entend par philosophie cette conscience de l’existence, de l’être-au-monde. » [24][24] P. M. V, op. cit., p. 23 et la dernière page de ces… Cette rencontre toute mystique avec le réel, éprouvé dans un mélange de plaisir et d’effroi (« horror et divina voluptas » écrivait Lucrèce que cite Hadot), ne s’appuie en définitive sur aucune transcendance, si l’on entend par là le recours à une instance extérieure, fondatrice et justificatrice de la totalité de ce qui arrive ; encore moins cette expérience s’adosse-t-elle à une théologie, c’est-à-dire à un discours nécessairement bavard, puisqu’à cet instant de la donation du monde la parole est coupée, les mots cèdent le pas à l’accueil de l’indicible, archi-simple et ordinaire. Etrange sagesse, inquiétante sagesse qui rend l’homme au monde ou à la nature dans une extase sans Dieu. Aussi est-ce sans doute ici que P. Hadot est sans conteste notre contemporain, quand il indique qu’être sage n’est pas incompatible avec le sens du tragique déjà perceptible chez les Anciens mais plus prégnant encore chez certains modernes et évident chez des auteurs comme Wittgenstein ou Heidegger. Ce sens du tragique, comme conscience aiguë de la finitude de toute chose et de la contradiction insurmontable (ainsi le monde est à la fois et tout autant merveille et terreur), Pierre Hadot en a fait l’épreuve plus d’une fois [25][25] Ibid., p. 253 (entre autres).. On n’entend qu’à demi la pensée de P. Hadot (à sa « sagesse ») si on néglige la meditatio mortis qui l’accompagne et rend son œuvre si parlante pour des existants, pour des gens pour qui, a priori, les notions de « cosmos », de « Nature » ou d’« Etre » (ce dernier terme étant sûrement le plus problématique) ne font guère sens si elles ne sont pas, pour ainsi dire, trempées dans la finitude qui seule leur confère un inestimable prix. Chose que les anciennes sagesses avaient certes fort bien comprise ; ainsi en est-il lorsque les stoïciens nous engagent à vivre chaque instant comme si c’était le premier et le dernier. Mais notre « cosmos » n’est plus affecté d’un coefficient essentiel de Rationalité, d’un Sens ou d’une Finalité, alors la « sagesse » ne peut que faire de la finitude l’exposant éminent de sa béatitude inquiétée.

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En bon lecteur de Cicéron, Pierre Hadot sait les vertus si peu prisées de l’éclectisme [26][26] Cf. E. S. P. A., p. 387.. On se tromperait grandement néanmoins en s’imaginant que sa philosophie n’est que le savant produit d’emprunts, de collages, le patchwork séduisant d’un vénérable Professeur honoraire. Si sa pensée n’équivaut en rien à un habile mélange de doctrines anciennes et modernes, c’est sans doute parce que la lecture est pour lui un exercice, une pratique quasi ascétique d’incorporation méthodique et répétée des discours afin qu’ils ne fassent plus qu’un avec le lecteur et que celui-ci puisse ainsi progressivement changer son comportement — et orienter son écriture. La meilleure manière d’être fidèle à la philosophie développée dans les ouvrages de P. Hadot serait de lire ses livres en appliquant ce que lui-même préconise pour l’approche des textes anciens et qu’il a aussi manifestement réalisé pour son propre compte ; ce qui revient à « parler de la philosophie comme d’une ellipse, qui a deux pôles : un pôle de discours et un pôle d’action, extérieure mais aussi intérieure, car la philosophie en opposition au discours philosophique est aussi un effort pour se mettre dans certaines dispositions intérieures. » [27][27] P. M. V., op. cit., p. 176., en gardant bien présent à l’esprit « que tout reste à faire. Le passage du discours à la vie est un véritable saut périlleux, que l’on se décide difficilement à risquer. » [28][28] Ibid., p. 185.

Notes

[1]

Cf. G. Deleuze et F. Guattari, Qu’est-ce que la philosophie ?, Paris, Minuit, 1991.

[2]

Cf. Pierre Hadot, La philosophie comme manière de vivre. Entretiens avec Jeannie Carlier et Arnold I. Davidson, Paris, Albin Michel, « Itinéraires du savoir », 2001, pp. 17 à 58 (dorénavant noté P. M. V).

[3]

Cf. Pierre Hadot, Exercices spirituels et philosophie antique, Paris, Albin Michel, « Bibliothèque de l’Evolution de l’Humanité », 1993, rééd. 2002, pp. 305 à 311, pp. 323 à 332, et sur Thoreau pp. 333 à 342 (dorénavant noté E. S. P. A).

[4]

Sur cette absence de langue de bois, cf. P. M. V, op. cit., p. 79 sq (notamment).

[5]

Titre d’un des textes des E. S. P. A, op. cit., pp. 289 à 304.

[6]

P. M. V, op. cit., p. 255.

[7]

E. S. P. A, op. cit., p. 294. Sur Socrate, cf. ibid., pp. 101 à 141.

[8]

Ibid., p. 346.

[9]

P. M. V, op. cit., p. 35.

[10]

Qu’il cite p. 304 des E. S. P. A, op. cit.

[11]

Ibid., pp. 286-287.

[12]

Cf. Pierre Hadot, Qu’est-ce que la philosophie antique ?, Paris, Gallimard, 1995, Folio-Essais.

[13]

P. M. V, op. cit., p. 61.

[14]

Ibid., p. 67.

[15]

Ibid., p. 198.

[16]

Cf. ibid., p. 86.

[17]

Cf. ibid., p. 100 sq. Les références à Wittgenstein sont récurrentes. Cf. aussi dans E. S. P. A., notamment p. 377 et p. 384 sq.

[18]

E. S. P. A., op. cit., p. 385.

[19]

Cf. ibid., p. 353. Pour se faire une idée des lectures très personnelles de P. Hadot, on se reportera au choix de citations en fin de volume.

[20]

P.M.V, op. cit., p. 24.

[21]

Cf. E. S. P. A, op. cit., pp. 343 à 360.

[22]

Ibid., p. 360. L’idée d’une « conscience cosmique » est reprise dans P. M. V, op. cit., pp. 156-7 (notamment).

[23]

Ibid., p. 378.

[24]

P. M. V, op. cit., p. 23 et la dernière page de ces entretiens (ce thème est souvent abordé dans les deux ouvrages).

[25]

Ibid., p. 253 (entre autres).

[26]

Cf. E. S. P. A., p. 387.

[27]

P. M. V., op. cit., p. 176.

[28]

Ibid., p. 185.

Pour citer cet article

Koettlitz Olivier, « Sagesse et existence. Exercices spirituels et philosophie antique, et La philosophie comme manière de vivre, de Pierre Hadot», Le Philosophoire 2/2003 (n° 20) , p. 207-212
URL : www.cairn.info/revue-le-philosophoire-2003-2-page-207.htm.
DOI : 10.3917/phoir.020.0207.


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