le moi de Fénelon

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Fénelon : dans le Traité de l’existence de Dieu : « Je suis celui qui n’est pas encore ce qu’il sera ; et dans cet entre-deux que suis-je ? un je-ne-sais- quoi qui ne peut s’arrêter en soi, […] un je-ne-sais-quoi que je ne puis saisir, qui s’enfuit de mes propres mains, qui n’est plus dès que je veux le saisir ou l’apercevoir ; un je-ne-sais-quoi qui finit dans l’instant même où il commence, en sorte que je ne puis jamais un seul moment me trouver moi-même fixe et présent à moi-même pour dire simplement : Je suis »

ou dans la Lettre sur le culte de Dieu,
l’immortalité de l’âme et le libre arbitre : « Dieu est le tout, et nous ne sommes qu’un rien revêtu par emprunt d’une très petite parcelle de l’Être. Nous sommes, non à nous, mais à celui qui nous a faits, et qui nous a donné tout jusqu’au moi : ce moi qui nous est si cher, et qui est d’ordinaire notre unique Dieu, n’est, pour ainsi dire, qu’un petit morceau qui veut être le tout. Il rapporte tout à soi, et en ce point il imite Dieu, et s’érige en fausse divinité. Il faut renverser l’idole. Il faut rabaisser le moi, pour le réduire à sa petite place. Il ne doit occuper qu’un petit coin de l’univers, à proportion du peu de perfection et d’être qu’il possède »

« Je ne suis donc qu’un être d’emprunt, qu’un demi-être, qu’un être qui est sans cesse entre l’être et le néant, qu’une ombre de l’Être immuable. […] Le premier de ses dons, qui a fondé tous les autres, est ce que j’appelle moi-même. Il m’a donné ce moi, je lui dois non seulement tout ce que j’ai, mais encore tout ce que je suis. […] Ce Dieu qui m’a fait, m’a donné moi-même à moi-même : le moi que j’aime tant, n’est qu’un présent de sa bonté. […]. Je vous dois tout, ô bonté infinie ! Mais que vous donnerai-je ? Vous n’avez pas besoin de mes biens ; ils viennent de vous. […] Il n’y a que le seul moi que je sois libre de vous offrir ; mais ce que j’appelle moi n’est pas moins à vous que tout le reste »

dans la Lettre sur le culte intérieur et extérieur, qui dénonce le « larcin du moi » : « Ce que je puis donner, c’est le moi que j’ai reçu. Tout autre don est faux ; nul autre don ne paye la dette. Donnez tout le reste ; si vous ne donnez point le moi, vous ne donnez rien ; car vous retenez l’unique chose que vous pouvez retenir. […] À moins que nous ne donnions à Dieu le moi, nous ne lui donnons point l’unique chose pour laquelle nous tenons à toutes les autres. Chacun n’aime que le moi, à moins qu’il n’aime Dieu. La jalousie de Dieu est donc précisément contre le moi et non contre toutes ces autres choses que nous n’aimons pas, mais que nous voulons seulement faire servir à contenter l’amour de nous-mêmes. C’est donc le moi qu’il est essentiel de rapporter par amour à la volonté de Dieu »

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