A propos

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Ce site questionne ce qui est bien trop vite abandonné à l’imagination maîtresse d’erreur aurait dit Pascal  je garde mon autonomie  de  réflexion et vous la propose…  Maryse Emel
René Char : SEULS DEMEURENT ( Dans Fureur et Mystère) 1938-1944
« XI : Peut-être la guerre civile, nid d’aigle de la mort enchantée? ô rayonnant buveur d’avenir mort! »

 

LA PHILOSOPHIE N’EST PAS QU’EUROPEENNE

tabshare_rssParce que la philosophie n’est pas qu’Européenne, qu’il est temps d’ouvrir la réflexion et ne pas se replier sur la rigidité et la facilité de nos certitudes … je vous propose ce site. Réunir les philosophes afin de réfléchir ensemble cet « universel » de la raison, tel est mon projet.
Maryse Emel 

Vous pouvez m’envoyer des propositions, des articles, des liens, sur maryse.emel@yahoo.fr

 

SON SÖZ

Boğazından lıkır lıkır gecen
Şu suyun kıymetini bil
Nedir ki bu mavilik deme
Pencereden görebildiğin kadar
Günün kıymetini bil
Kıymetini bil çiçek açmış bademin
Güneşli odanın çamurlu sokağın
Beyazın siyahın yeşilin
Pembenin kıymetini bil
Dirilik öyle bir şey yürekte
Sevinçle çırpınır
Kavak yelleri eser insanın başında
İnsanoğlu kızar öfkelenir savaşır
Halk için girişilen savaşta
O korkulu sevincin
Öfkenin kıymetini bil
Bil ki bu
Budur işte
Güneş yalnız dirileri ısıtır
Güneşin kıymetini bil.

source : http://www.philagora.net/france/turquie2.php

DERNIER MOT

Savoure cette eau
Qui pétille dans ta gorge
Ne méprise pas cet azur
Apprécie le ciel
Embrassé par ta fenêtre.
Adore l’amandier en fleurs,
La chambre ensoleillée, la rue boueuse,
Le blanc, le noir, le vert,
Le rose, adore- les tous.
La vivacité est quelque chose
Qui s’ébat dans le cœur avec joie.
On s’éprend d’amour
On s’irrite, on se met en colère, on lutte
Apprécie ce courroux
Cette peur mêlée de joie
Dans la lutte engagée pour le peuple.
Apprends
Chose immuable:
Le soleil ne chauffe que les vivants.
Vénère le soleil.(Traduction de TAHSİN SARAÇ)
(TERCÜME, no: 85, vol:XVIII, janvier-fèvrier 1966)

« je suis ton autre

Toi-même
dans l’intimité
où se rejoignent
deux pensées
deux êtres
toi et moi
Dis-moi
es-tu Ange ou Démon
ou sors-tu
de l’irréelle pensée
D’où viens-tu
où vas-tu
Dis-moi
Ton regard est-il tourné
vers le céleste destin
infini
ou vers les abîmes
définis par Ie mat
que tu portes » William Syad, poète somalien

Fragment « 128 » des Feuillets d’Hypnos

Le boulanger n’avait pas encore dégrafé les rideaux de fer de sa boutique que déjà le village était assiégé, bâillonné, hypnotisé, mis dans l’impossibilité de bouger. Deux compagnies de S.S. et un détachement de miliciens le tenaient sous la gueule de leurs mitrailleuses et de leurs mortiers. Alors commença l’épreuve.

Les habitants furent jetés hors des maisons et sommés de se rassembler sur la place centrale. Les clés sur les portes. Un vieux, dur d’oreille, qui ne tenait pas compte assez vite de l’ordre, vit les quatre murs et le toit de sa grange voler en morceaux sous l’effet d’une bombe. Depuis quatre heures j’étais éveillé. Marcelle était venue à mon volet me chuchoter l’alerte. J’avais reconnu immédiatement l’inutilité d’essayer de franchir le cordon de surveillance et de gagner la campagne.
Je changeai rapidement de logis. La maison inhabitée où je me réfugiai autorisait, à toute extrémité, une résistance armée efficace. Je pouvais suivre de la fenêtre, derrière les rideaux jaunis, les allées et venues nerveuses des occupants. Pas un des miens n’était présent au village. Cette pensée me rassura. À quelques kilomètres de là, ils suivraient mes consignes et resteraient tapis. Des coups me parvenaient, ponctués d’injures. Les S.S. avaient surpris un jeune maçon qui revenait de relever des collets. Sa frayeur le désigna à leurs tortures. Une voix se penchait hurlante sur le corps tuméfié : « Où est-il ? Conduis-nous », suivie de silence. Et coups de pied et coups de crosse de pleuvoir. Une rage insensée s’empara de moi, chassa mon angoisse. Mes mains communiquaient à mon arme leur sueur crispée, exaltaient sa puissance contenue. Je calculais que le malheureux se tairait encore cinq minutes, puis, fatalement, il parlerait. J’eus honte de souhaiter sa mort avant cette échéance. Alors apparut jaillissant de chaque rue la marée des femmes, des enfants, des vieillards, se rendant au lieu de rassemblement, suivant un plan concerté. Ils se hâtaient sans hâte, ruisselant littéralement sur les S.S., les paralysant « en toute bonne foi ». Le maçon fut laissé pour mort. Furieuse, la patrouille se fraya un chemin à travers la foule et porta ses pas plus loin. Avec une prudence infinie, maintenant des yeux anxieux et bons regardaient dans ma direction, passaient comme un jet de lampe sur ma fenêtre. Je me découvris à moitié et un sourire se détacha de ma pâleur. Je tenais à ces êtres par mille fils confiants dont pas un ne devait se rompre.

J’ai aimé farouchement mes semblables cette journée-là, bien au-delà du sacrifice.

René Char, Feuillets d’Hypnos

 

« Femme nue femme noire
vêtue de ta couleur qui est vie,
de ta forme qui est beauté
 » Senghor

 

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2 réflexions sur “A propos

  1. I'myourfather

    Intelligente et sensible, cette chronique, digne de la pellicule d’une bonne photographe. Le monde en son actualité n’est pas forcément plus facile à saisir que la pensée . Le prendre au sérieux demande en effet un peu d’effort, ne serait ce que l’exigence de ne pas confondre la vérité de l’information avec la persistance de l’image rétinienne. On finit par prendre pour la durable vérité du moment (ce que NOUS sommes tous en train de vivre en direct et ensemble, n’est ce pas?) ce qui n’a été que martelé faute de mieux et a fini par durer (persistance rétinienne ) , la dimension emotionnelle inévitable étant confortée par le préjugé selon lequel ce qui dure est le vrai. Les images comme les témoignages (la reflexion aurait tort de les mépriser) valent mieux que ça.

    Aimé par 1 personne

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